Apprendre à parler en groupe/ en public pour présenter un sujet et convaincre

Photo de micro

Une dimension essentielle du leadership, un passage obligé pour atteindre les hautes responsabilités

Le sujet de parler en public est le même que celui de parler en groupe ; si on peut parler à 20 personnes dans un groupe, on peut parler à 200 ou 1000 personnes en public.

Il faut se souvenir qu’il n’y a aucune différence entre parler à 2 millions de personnes : chacune est un individu qu’il s’agisse de 1 ou 20 personnes, il n’y a aucune différence fondamentale, c’est dans notre esprit que la différence se fait !

Nous avons des pensées négatives sur le fait de parler en groupe, nous pensons que nous allons être rejeté, qu’un interlocuteur va se lever pour dire que ce que l’on dit est stupide, nous fantasmons sur l’échec de notre speech parce que nous avons vu des films ou des sketchs au cinéma où des interruptions humiliantes avaient lieu !

En réalité, parler en groupe est relativement facile et fréquente et c’est le passage obligé de tout cadre vers un rôle de leadership important ou si vous voulez accéder à un poste élevé dans une entreprise.

Ceci provient de la nécessité, si vous voulez avancer, de trouver en vous cette chose impalpable qui s’appelle le leadership et le charisme…

Rappelons quelques définitions :

Le charisme, est une espèce de halo intuitif indéfinissable qui fait que, quand on entre dans une pièce, les gens se retournent, vous regardent comme le chef incontestable, c’est un peu un rêve, un imaginaire collectif qui vient de la littérature et du cinéma !

En effet, en dehors d’un homme d’État, d’un militaire ou d’une personnalité célèbre, le fait d’entrer dans une pièce ne provoque généralement aucune admiration particulière, mais le sens populaire accorde à cette notion de charisme une importance considérable comme si le chef d’entreprise ou le chef de projet devait avoir un halo de mystère (presque mystique) qui l’entoure ! C’est faux !

La vérité c’est que ce que l’on attend d’un chef d’entreprise ou d’un directeur de département, c’est du leadership ce qui est beaucoup plus simple :

Le leadership, est la capacité de comprendre l’intérêt du groupe de développer une solution commune, intelligente, novatrice et de la faire partager par tous les membres du groupe qui seront amenés à la mettre en place ; c’est relativement simple.

Alors pourquoi considérer la notion de parler en public comme prioritaire ?

Parce que c’est le passage obligé de tout dirigeant qui veut sortir du lot et prendre des positions de direction générale.

Vous pouvez être très compétent, avoir une technologie brillante, des connaissances financières rares, une capacité de marketing et d’analyse supérieures, si vous n’avez pas la capacité de parler en public ou en groupe, de représenter votre firme devant des analystes financiers, de parler à des ouvriers ou à des syndicats, de faire un exposé à des banquiers etc et tout simplement de parler à l’ensemble de l’entreprise à la demande du patron pour exposer un des aspects de la stratégie, vous ne serez jamais en position de diriger quoi que ce soit : pour réussir dans une entreprise, il faut apprendre à parler en groupe ou en public !

En quoi consiste le fait de parler en public ? C’est essentiellement un talent que vous pouvez développer !

Il n’est pas nécessaire d’être doué, il n’y a pas besoin d’avoir un don inné pour la prise de parole (comme pour être un créateur, un musicien ou un grand artiste), la nécessité d’avoir fait de longues études ou la pratique de son art, la vérité est que tout le monde peut apprendre à être un excellent orateur en groupe ou en public.

L’enjeu étant posé, si vous voulez monter dans un poste élevé en entreprise, il faut que vous soyez remarqué comme quelqu’un qui a des idées nouvelles, quelqu’un de convaincant, qui fait partager sa passion par ses auditeurs, qui sait mobiliser ses collaborateurs en vue de l’objectif commun, pour cela il faut apprendre à parler en public !

Cette tâche ne peut pas être déléguée, vous ne pouvez pas prendre un porte-parole qui va vous dire comment rédiger votre discours et puis éventuellement servira d’orateur à votre place, ce serait ridicule et inconcevable : il faut aller au charbon !

Il faut aussi remarquer qu’être compétent pour parler en public peut appartenir à tout le monde, homme ou femme, à tout âge, et quel que soit votre physique, vous n’avez pas besoin d’être grand, beau, bien habillé, représentatif, d’avoir une belle chevelure, un ton imposé par votre physique… tout cela n’est pas utile. Ça peut améliorer le plaisir qu’on a de vous regarder, mais c’est sans importance. Ce qui compte c’est d’être efficace dans l’art de la présentation convaincante de vos idées, de la passion que vous y mettrez et surtout de la façon dont vous les présentez.

Entrons dans le vif du sujet, la première des choses à bien comprendre c’est que quand vous parlez en public, il faut que le message soit simple, qu’il puisse être retenu par un ou deux symboles et pour que le public s’en souvienne il faut que vous puissiez l’illustrer par des histoires intéressantes. Il faut éviter d’assommer par des tableaux de chiffres, des présentations Powerpoint ennuyeuses et qui font que le public regarde ses messages téléphoniques ou s’endort !

Le principe de simplicité se trouve dans la préparation du discours que vous allez prononcer : présentez, de façon simple, une petite histoire où vous allez décrire une situation paradoxale dont la solution est dans la proposition que vous faites.

Ne dépassez jamais 3 sujets pour un exposé, certains disent que l’on peut aller jusqu’à 5 sujets, c’est excessif. Il ne faut surtout pas s’égarer dans des démonstrations compliquées où l’on accumule des idées nouvelles qui vont endormir votre public.

De grands orateurs viennent avec deux idées, parfois trois, pas plus. Et l’auditoire repart en se souvenant des deux ou trois idées qu’ils ont apportées.

Une présentation d’une idée simple avec une histoire intéressante est indispensable encore faut-il que vous ayez quelque chose de nouveau et d’intéressant à dire.

Si vous n’avez rien à dire, abstenez-vous de parler en public ou en privé.

Réfléchissez bien au contenu de ce que vous voulez dire car c’est la valeur même de votre présentation.

Vous avez une idée nouvelle, ou deux, ou trois, vous voulez les faire passer et les faire comprendre et approuver par l’auditoire ?

Alors allez-y :

  • présentez ses idées avec passion, avec le sourire,
  • en parlant avec un débit lent mais convaincant,
  • ne cherchez pas à briller par des références compliquées ou incompréhensibles,
  • présentez vos trois idées
  • faites-les approuver en étant complice avec l’audience
  • sentez bien que la passion que vous y avez mis va convaincre l’auditoire
  • et surtout souriez et soyez aimable pour vous mettre l’auditoire dans la poche

CONSEIL : Essayez d’avoir un entretien, 5 minutes avant la conférence, avec deux ou trois personnes qui seront parmi les premières arrivées, pour commencer une conversation sympathique sur vos thèmes.

Vous démarrez alors la conférence comme si c’était la suite de l’entretien que vous avez eu en aparté avec elles ; vous commencez par un dialogue complice qui facilite le démarrage.

Dans l’entreprise anglo-saxonne, et dans le monde international, il est convenu de commencer par une plaisanterie, un trait d’humour.

Ce n’est pas indispensable, mais si ce trait d’humour complète votre présentation, c’est tout à fait acceptable. Personnellement, je n’ai jamais trouvé cette approche autre que banale et conventionnelle.

Il existe une autre façon de commencer, en dehors du « trait d’humour » :

Essayez de poser une question grave, sérieuse, une interpellation de l’auditoire. Si vous avez une telle question, cela suscitera l’attention dès le début.

On peut soulever une contradiction, une incompréhension, un mystère dont-on va révéler la solution au cours du débat ; cela crée un certain suspense.

Il est certain que tout bon speech peut commencer par une citation, une affirmation, ou encore une interrogation, bref une accroche qui stimule l’intérêt de l’auditoire et le fait vibrer.

CONSEIL : Regardez les Conférences TED (www.ted.com), où les premières phrases et les conclusions sont sources d’inspiration …

Cf aussi l’article www.speedevelopment.com/comment-commencer-un-discours/ et beaucoup d’autres conseils sur Google et sur Youtube…

Après on passe à la démonstration : le problème est simple, on apporte une solution originale, on ne cherche pas à créer des sensations ou des discussions désagréables, par exemple on ne parle pas de sujets politiques controversés ou de questions personnelles qui peuvent diviser l’auditoire, ou de questions qui pourrait être blessantes, il faut laisser cela aux débatteurs politiques.

Ce qui est recommandé, c’est d’avoir la passion de ce que l’on dit ! N’oubliez pas que l’on a la passion de ce que l’on connaît bien, et de ce que l’on aime. Il faut donc prendre des sujets qui vous passionnent. Si vous le faites, vous serez toujours un meilleur conférencier.

J’ai donc indiqué les trois grands principes pour parler en public

  • la simplicité
  • des informations nouvelles et intéressantes
  • de la passion

Il est indispensable d’être très structuré et de

  • mettre ces trois idées dans l’ordre, les unes après les autres,
  • d’en montrer la valeur,
  • de donner des exemples, de citer des histoires autour, des cas…
  • d’être concret,
  • de ne pas être abstrait (le moins possible de Powerpoint, de Charts)
  • parler au cœur, à l’émotion, mais avec 1 à 3 messages intelligents

Parler en public est une démonstration d’émotion et d’enthousiasme

ce n’est pas un exercice académique, comme un théorème mathématique, ou une découverte scientifique ; il s’agit d’apparaître comme le porteur d’une idée ou d’une recommandation qui va être utile au groupe et qui se présente comme une véritable innovation.

Parler en public se prépare ; les meilleures improvisations sont celles qui sont préparées !

Reagan était le roi des improvisations préparées !

Napoléon avait interrogé le prince de Talleyrand, son ministre des Affaires étrangères, en lui disant : « Vous êtes la meilleure conversation d’Europe, quel est votre secret ? »

Talleyrand a répondu « Sire, je fais exactement comme vous quand vous préparez une bataille : vous voyez les forces en présence, vous aménagez les troupes et les transportez dans un lieu que vous avez choisi, qui est le lieu de la bataille. Vous avez tout préparé et manœuvrez ainsi au bon moment pour fondre sur l’ennemi et vous assurer la victoire.

Je fais exactement pareil ! » conclut Talleyrand « Je sais à l’avance ce que je vais dire, je prépare l’argumentation. Le bon mot que je veux faire à la fin est préparé dès le début. Je sais où les uns et les autres vont faire des objections, ou comment ils vont réfléchir ; comment ils vont entremêler leurs pensées et en fonction de ces éléments, j’attaque et je fonds sur eux avec la conclusion qui s’impose, comme une solution brillante ! »

L’art de la conversation ou de la discussion est le même que l’art de faire un discours. Il faut éviter la banalité, les phrases sans relief. Il faut que tout serve à la conclusion finale qui va vous faire apparaître comme quelqu’un qui a apporté des idées nouvelles, qui seront retenues parce qu’elles sont simples et qu’elles ont été liées à des histoires.

Je ne serais pas complet si je ne vous disais pas comment trouver ces histoires :

Ces histoires sont illustratives et elles doivent être très simples et permettent de démontrer chacun des points que vous voulez apporter. Dites comment vous avez découvert telle idée, comment vous vous étiez trompé et l’avait découvert, décrivez une situation de réussite, de votre idée…

Les histoires, me direz-vous, sont difficiles à inventer et on n’en a pas toujours sous la main !

Justement, si vous apportez un sujet nouveau ou une idée nouvelle, vous aurez une histoire à raconter : le cas concret qui la justifie.

Ou bien évoquez un découvreur d’idées, l’inventeur Edison ou d’autres qui ont tâtonné avant de trouver…

ACTION : pour réussir à faire un bon discours, il y a une méthode simple c’est de prendre son téléphone portable et de se filmer soi-même pour avoir une vidéo de son speech. Il n’y a pas d’autres moyens et ce moyen est indispensable.

Il permet de mesurer la durée, qui ne doit pas dépasser 10 minutes / un quart d’heure ; à moins que ce soit une présentation technique auquel cas ce n’est pas un discours mais une présentation orale devant un grand public.

Je rappelle qu’il faut

  • parler lentement
  • sourire
  • se tourner vers les uns et les autres
  • peut-être même marcher sur la tribune au lieu d’être juste devant le micro (pour cela, vérifiez bien sûr au départ que vous avez un micro attaché à votre veste)
  • ne jamais lire
  • avoir une fiche de 5 à 10 points c’est tout ! Pas de texte préparé …
  • ayez l’air à l’aise, décontracté mais sérieux et heureux de leur faire le cadeau de votre discours, même si vous êtes terrorisé !

Au fur et à mesure de votre expérience, vous arriverez à dominer ce sujet. Les phrases qui seront le mieux passées lors d’un discours antérieur seront réutilisées. Vos discours seront relus, comparés et améliorés…

Mais sachez que ce qui compte, certes c’est la présentation, mais surtout le contenu : Simple, passionné et novateur !

Je vous souhaite de réussir ce passage obligé vers les promotions, car si vous ne savez pas parler en public vous serez limité à un poste subalterne d’état-major et vous ne progresserez pas vers un poste plus élevé.